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Titi avec fez ottoman en Turquie

Turquie

Istanbul, "la magnifique"[Unesco][+]

Istanbul est située sur deux continents : Europe et Asie qui sont scindés par le détroit du Bosphore qui relie la mer de Marmara à la mer Noire. La ville est très étendue sur plus de 100 km de long. Heureusement les sites touristiques sont regroupés dans un rayon de quelques kilomètres !

La circulation y est chaotique et il est préférable d'abandonner l'idée de la voiture. Les taxis sont nombreux et abordables. Il existe aussi des "dolmus" qui sont des taxis collectifs qui consistent à attendre que le véhicule soit au complet pour partir.

La visite des mosquées est autorisée en-dehors des heures de prière et il faut de déchausser avant d'entrer. Selon les mosquées, il faut soit laisser les chaussures à l'extérieur, soit les mettre dans un sac plastique fourni à l'entrée. Les femmes doivent en plus se couvrir les cheveux.

Ma visite s'est limitée à la partie européenne qui est aussi celle où se trouve la quasi-totalité des monuments célèbres.

Un peu d'histoire...
Fondée au VIIème siècle av J.C. par les Grecs, la ville de Byzance (Byzantium) a été plusieurs fois conquise (Perses, Grecs...), avant de faire partie de la province romaine au IIème siècle av J.C.
Elle est choisie par l'empereur Constantin Ier comme la nouvelle capitale de l'Empire romain d'Orient en 330 ap J.C. et prend le nom de Constantinople : c'est la "nouvelle Rome". Elle ne connut pas les invasions barbares et prit une importance croissante pour atteindre son apogée sous Justinien au VIème siècle avec un Empire (l'Empire byzantin) qui s'étendait de Grèce à l'Anatolie mais aussi Italie, sud de l'Espagne et Afrique du nord. En 1054, elle devient orthodoxe après le schisme d'avec l'église romaine.

En 1204, les Vénitiens détournent la 4ème croisade pour piller Constantinople. Après s'être exilés à Nicée, les chefs byzantins parviennent à reprendre Constantinople en 1261. Mais l'Empire est affaibli et ne cessera plus alors de perdre des territoires... En 1453, c'est la fin de la civilisation byzantine : Constantinople cède à l'invasion ottoman du sultan Mehmet II qui utilise des canons pour détruire les solides remparts de la ville. Le nom est alors changé en Istanbul qui devient la capitale de l'Empire ottoman. Les habitants s'appellent les stambouliotes ou encore istanbuliotes.

Atatürk transfert la capitale à Ankara en 1923.

Sainte-Sophie

C'est l'un des monuments les plus visités au monde.

L'ancienne basilique byzantine était dédiée à la sagesse divine (Sophia en Grec signifie Sagesse) et a été érigée sous l'empereur Justinien en 537 ap J.C. Symbole de Constantinople, c'était alors la plus grande basilique chrétienne du monde. Elle a été conservée comme héritage par les Ottomans et transformée en mosquée après la conquête. D'abord à un minaret (le minaret en brique), puis à quatre par l'ajout de trois minarets en pierre (un mince et deux épais) pour en faire une mosquée impériale. C'est un musée depuis 1934.

Sainte-Sophie

A l'extérieur, des arcs boutans avaient été ajoutés pour soutenir le poids de l'ensemble de la basilique. A gauche de l'entrée, quelques vestiges des anciennes cathédrales écroulées ont été mis à jour. A proximité, une fontaine servait au lavement des pieds des fidèles quand la basilique était utilisée comme mosquée.

On accède à l'intérieur après avoir franchi l'exonarthex qui était aussi un lieu de rendez-vous, puis le narthex.

La grande coupole n'a pas pu être aussi grande que ce qui était prévu à l'origine car l'architecte qui commandait les travaux est mort avant son achèvement. Il est possible de voir les traces de raccourcissement. La nef est spectaculaire (les colonnes proviennent d'Ephèse et d'Egypte) et il y a des mosaïques à l'étage. Comme dans la plupart des mosquées, on trouve des panneaux calligraphiés en arabe.

Nef de la basilique Sainte-Sophie

Mosaïques de la Vierge à l'Enfant dans la basilique Sainte-Sophie

A l'emplacement de l'autel, on aperçoit la loge du sultan à gauche, le mihrab au centre (niche indiquant la direction de La Mecque) et le minbar (chaire musulmane) à droite.

Mihrab et Minbar dans la basilique Sainte-Sophie

Au sol, sur la droite, une mosaïque en marbre marque l'emplacement de l'omphalos qui matérialisait le centre du monde et était l'endroit où les empereurs byzantins étaient sacrés.

Une légende indique que lors de la prise de Constantinople, le patriarche se réfugia dans un passage secret dont l'entrée s'effondra après son passage. Il devrait en ressortir quand la ville redeviendrait chrétienne.

Mosquée bleue

La mosquée à six minarets est l'une des plus impressionnantes au monde et la cinquième plus grande de Turquie par la taille.

Mosquée bleue

Commandée par le sultan Ahmet Ier et construite de 1609 à 1616 par un élève du grand architecte Sinan, la mosquée devait être la plus grande au monde et dépasser en importance celle de La Mecque. Elle devait être aussi le point de départ de la conquête du monde. Le nombre de minarets était un symbole de puissance et comme la mosquée de La Mecque en comportait cinq, il en a donc été construit six. Par la suite, la mosquée de La Mecque a récupéré l'ascendant par l'ajout d'un sixième puis septième minaret.

La fonction religieuse du minaret est de permettre au muezzin de lancer les appels aux cinq prières quotidiennes.

De la cour, on a une jolie vue sur les coupoles étagées en cascade.

A l'intérieur, comme dans toute mosquée, on peut voir le mihrab (niche qui indique la direction de La Mecque), le minbar (chaire de l'imam), le tapis pour l'emplacement de la prière.

Coupoles étagées de la mosquée bleue Intérieur de la mosquée bleue

La clarté est remarquable et l'attention attirée par le rendu des céramiques d'Iznik et les vitraux, visibles à l'intérieur mais pas à l'extérieur (c'est un symbole de l'âme humaine). Son nom de mosquée "bleue" lui était attribué pour la coloration de son intérieur en carreau d'Iznik bleus. Aujourd'hui restaurée, elle apparaît moins bleue qu'à l'origine, sauf par endroits comme le haut des piliers.

Les tapis de prière (appelés zarbiya au Maghreb) sont orientés vers La Mecque. Ce tapis est aussi utilisé par les fidèles en-dehors des mosquées pour justement représenter la mosquée.

Tapis de prière dans la mosquée bleue Intérieur des coupoles de la mosquée bleue

Mosquée bleue avec carreaux d'Iznik

La symbolique des couleurs est vert pour la religion musulmane, bleu pour le ciel et rouge pour la famille. On ne trouve aucune représentation humaine (statue, tableau ou icône) car celle-ci est interdite par la religion musulmane.

Fontaine Ahmet III

Entre Sainte-Sophie et l'entrée du palais de Topkapı, on ne peut pas manquer la fontaine aux ablutions d'Ahmet III, avec sa décoration rococo, qui est l'une des plus belles d'Istanbul. Elle n'est plus en fonctionnement.

Fontaine aux ablutions Ahmet III

Citerne-Basilique

Tête de Méduse dans la Citerne-Basilique

Tout comme Sainte-Sophie à côté de laquelle elle est située, la citerne basilique a été construite sous le règne de Justinien (en 532 pour être précis). Elle servait à couvrir les besoins du grand palais en eau (rm : Le grand palais de Constantinople a été détruit et remplacé par le palais de Topkapı).

On peut se balader entre les immenses colonnes corinthiennes de ce souterrain éclairé par des lumières tamisées. Une musique traditionnelle accompagne le visiteur jusqu'aux deux piliers qui reposent respectivement sur une statue d'une énorme tête de la Méduse mythologique (dont le seul regard pouvait pétrifier).

La signification de ces statues de la citerne n'est toujours pas connue.

Il y a même de vrais poissons...

L'hippodrome

Obélisques sur l'ancien hippodrome

Plus court qu'à l'origine, l'emplacement de l'hippodrome possède deux obélisques : l'obélisque murée (ou colonne de Constantin) et l'imposante obélisque de Théodose qui provient de Louxor (comme pour celle de la place de la Concorde à Paris). Cette dernière repose sur un socle où des scènes de courses de chars sont représentées en relief.

Entre les deux colonnes il y a aussi le reste de la colonne serpentine qui représentait un serpent à trois têtes et qui symbolisait le "moyen-orient" pour les Byzantins. L'une des têtes est au musée de Londres, la seconde au musée archéologique d'Istanbul et la troisième semble définitivement perdue.

Palais de Topkapı

Topkapı se prononce Topkap"eu". Le "i" en Turquie s'écrit sans point sur le trait et se prononce "eu".

Le palais a été construit sur l'emplacement du grand palais de Constantinople après la conquête de la ville par les Ottomans. Situé en hauteur, il réserve aussi un joli point de vue sur la corne d'or.

Ci-dessous l'entrée principale, la porte du Salut, et l'entrée secondaire, la porte de la Félicité.

Porte du Salut du palais de Topkapı Porte de la Félicité du palais de Topkapı

Plusieurs bâtiments constituent l'ensemble du palais et plusieurs abritent aujourd'hui des musées : petit musée de la céramique dans les cuisines, petit musée d'instruments géographes, petit musée de costumes impériaux, petit musée d'armes et armures. A voir aussi le pavillon de la circoncision et le pavillon des reliques où un himam récite la prière et où se trouvent entre autres des poils de la barbe du prophète Mahomet, une empreinte de son pied, l'une de ses dents, son arc et son manteau. C'est un lieu de pèlerinage dans l'Islam.

Ci-dessous, on a une belle fontaine décorée.

Fontaine décorée dans le palais de Topkapı

Mais ce qui constituent le coeur de la visite sont le trésor (avec notamment le célèbre poignard du sultan, orné de pierres précieuses, et le plus grand diamant du monde) et le harem, joliment décoré de céramiques.

Le harem (ou sérail qui est un terme plus restrictif à l'empire ottoman, alors que le terme de harem s'étend à l'ensemble des musulmans) était le lieu où vivaient les concubines du sultan dont l'une pouvait espérer devenir sa femme si elle lui donnait un fils. Mais la mère et les filles du sultan y vivaient aussi. Il pouvait y avoir jusqu'à plus de mille femmes (pour quatre cent chambres) et les intrigues devaient y être nombreuses. Les eunuques gardaient les corridors.

Ci-dessous, le hall impérial dans lequel le sultan choisissait sa concubine, et une niche pour les bougies.

Hall impérial dans le palais de Topkapı Niche pour bougie dans le palais de Topkapı

Pendant la visite, on accède aussi à la chambre du sultan et à la salle de bain des concubines.

Mosquée de Soliman le Magnifique

Mosquée Soliman le Magnifique

Les quatre minarets indiquent qu'il s'agit d'une mosquée impériale. L'édifice est entouré de bâtiments à coupoles. On peut aussi se rendre dans le cimetière adjacent où se trouvent les tombeaux de Soliman et de sa femme Roxelane.

Roxelane est une ancienne captive chrétienne orthodoxe peut-être originaire de Galicie (territoire entre Pologne et Ukraine). Choisie pour faire partie du harem du Sultan, elle parvient à attirer ses faveurs puis se convertie à l'Islam et demande à Soliman de l'épouser arguant qu'une Musulmane libre ne peut entretenir de relations avec un homme hors mariage. Elle devient ainsi sa seule épouse légitime.

Alors que Soliman souhaitait faire construire un nouveau palais, c'est Roxelane, de crainte de la construction d'un nouveau grand harem, qui parvient à le détourner de son idée en lui demandant plutôt de construire une mosquée. C'est alors que le plus grand architecte de l'Empire, Sinan, construit la plus grande mosquée d'Istanbul de 1549 à 1557.


Les jardins de la mosquée sont l'un des lieux (avec Sainte-Sophie et la mosquée bleue) où l'on peut croiser des vendeurs de jus de fruit en costume traditionnel. Le jus de cerise qu'ils servent est très bon.

Vendeur de jus de cerise en costume traditionnel

Le grand bazar

A voir absolument ! C'est un très grand marché couvert (qui existe depuis le XVème siècle) où l'on trouve de tout : narguilé souvenir, tapis, chaussure, cuir, bijoux (ce sont les vitrines que l'on voit en premier si on entre par la porte principale kapalıçarşı), loukoums... Il y a même un petit bureau de poste parmi les 4000 boutiques.

Aucun prix n'est affiché. Il faut demander aux vendeurs, qui parlent pour la plupart l'anglais ou le français, et s'essayer au marchandage si le prix proposé semble trop cher...

Entrée kapalıçarşı du grand bazar

Grand bazar d'Istanbul

Le quartier du bazar égyptien

Le bazar égyptien est un autre bazar de la ville mais moins important que le grand bazar et plutôt spécialisé dans les épices et loukoums.

A proximité du bazar, on peut visiter la mosquée Rüstem Pacha et faire un petit tour à la nouvelle mosquée (ci-dessous) dont l'intérieur est décoré de céramiques d'Iznik.

Nouvelle mosquée d'Istanbul

La corne d'or

C'est le nom donné à la partie inondée d'un fleuve qui se jette dans le Bosphore. Selon une version, ce nom tirerait son origine du VIIème siècle où des bougies étaient placées sur des carapaces de tortues le long du fleuve, ce qui lui donnait un aspect doré. Une autre version indique que ce nom a été attribué pour l'abondance des marchandises qui se trouvaient dans son port.

On en a une très jolie vue de l'intérieur des terres à partir de la terrasse du café Pierre Loti situé au sommet de la colline d'Eyüp. Pierre Loti était un officier et écrivain français, de son vrai nom Jules Viaud, qui séjourna à Istanbul et fréquentait régulièrement ce café.

Attention, le café est situé dans les quartiers intégristes aussi il est sans doute préférable d'être accompagné d'un guide pour ne pas s'égarer.

La corne d'or d'Istanbul

Au niveau du bazar égyptien, le pont de Galata qui traverse la corne d'or permet d'accéder au quartier de Beyoğlu. On croise plusieurs pêcheurs dont la "prise" semble bonne... Mais je croyais que l'eau de la corne d'or et du Bosphore était pourtant polluée !....

Pont de Galata à Istanbul

Croisière sur le Bosphore

C'est à ne pas manquer lors d'un séjour à Istanbul. Les embarcadères font face au bazar égyptien à Eminönü.

En sortant de la corne d'or et en arrivant dans le Bosphore, on découvre une petite île où seule une tour a pu être construite, la tour de Léandre, qui sert de point de repère pour les navires. Puis en remontant les rives du Bosphore en direction de la mer noire, on contemple plusieurs édifices (de la côte européenne et asiatique) parmi lesquels, le palais Dolmabahçe (cf § consacré), les deux ponts intercontinentaux d'Istanbul (et les seuls au monde à relier deux continents), ...

Pont intercontinental sur le Bosphore

... le palais Çırağan (devenu hôtel de luxe), le palais de Beylerbeyi (sur la côte asiatique), la forteresse de Roumélie, construite en 1452 par Mehmet II lors du siège de Constantinople, ...

Forteresse Roumélie

et les yalis qui sont maisons construites au bord l'eau. Le terme yali est d'origine grecque et signifie "léché par l'eau".

Yalis le long du Bosphore

Ce qui m'a aussi très surpris lors de la croisière est l'air frais et le nombre incroyable de méduses qui peuplent le Bosphore...

Tour de Galata

Tour de Galata

C'est une tour de 62 m de hauteur qui appartenait à d'anciennes fortifications et qui est le point de repère du quartier Beyoğlu (la nouvelle ville), de l'autre côté de la corne d'or.


On peut accéder à son sommet pour avoir une vue panoramique de la ville.

Couvent des mevlevis

C'est un couvent de la secte musulmane soufie dont les membres appelés derviches tourneurs entrent en transe en effectuant la sema : danse marquée par un tournoiement une main tendue vers le haut (on reçoit de Dieu) et l'autre main tendue vers le bas (on rend ce que Dieu nous donne).

Le soufisme, qui prône l'amour du prochain quelle que soit son origine et sa religion, a été fondée par Celâleddin-i Rûmî aussi appelé Mevlâna.

Au couvent, on peut découvrir la scène sur laquelle se déroulent les semas. Je recommande vivement d'assister à une démonstration/spectacle soit au couvent (les week-end) ou à la gare Sirkeci (le mercredi), pour ceux que ça intéresse.

Derviches tourneurs à la gare Sirkeci
photo shioshvili licence Creative Commons (wikicommons)

Palais de Dolmabahçe

C'est un palais baroque à l'occidentale qui a été édifié au milieu du XIXème siècle et a ensuite accueilli les sultans à la place du palais de Topkapı.

En été la fanfare des janissaires joue les mardi après-midi devant le portail impérial.

Palais Dolmabahçe

A l'intérieur, parmi les jolies salles, on peut noter le grand escalier qui donne une impression de légereté. Les pieds des rampes sont faits en cristal de Baccarat, ce qui rend cet escalier vraiment impressionnant. C'est d'ailleurs incroyable comme le cristal est présent dans ce palais somptueux. De nombreux lustres sont en cristal de Bohème ou de Baccarat et la salle du trône aurait même le plus lourd lustre en cristal du monde.

Escalier de cristal du palais Dolmabahçe

Salle du trône du palais Dolmabahçe

Saint-Sauveur in-Chora

Christ pantocrator de Saint-Sauveur in-Chora

Cette église byzantine est située à l'extérieur du centre ville, d'ailleurs "in-Chora" signifie "à la campagne". Elle a été construite dans la période qui a suivi la reprise de la ville par les Byzantins en 1261.

Les mosaïques représentent l'enfance du Christ, la vie de la Vierge et la généalogie du Christ. Des fresques ont été réalisées dans la partie paracclésion. On peut voir une mosaïque du Christ pantocratore (Christ ressucité représenté dans un corps glorieux), la coupole de la généalogie du Christ ou encore la fresque de l'anastasis qui représente le Christ triomphant de la mort et amenant Adam et Eve avec lui.

Autres visites

  • L'aqueduc de Valens qui alimentait Constantinople en eau.

    Aqueduc de Valens de Constantinople

  • Les remparts de la ville qui s'étendent sur plusieurs kilomètres.

  • La gare de Sirkeci qui était le terminus de l'Orient-Express.

  • Parc de Yildiz.

  • Musée archéologique.

  • L'un des nombreux hammams (bains turques).